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Rapport du AASLD, Dallas, 5 – 9 novembre 1999

Nouveaux développements dans le traitement de l’hépatite chronique C


Traitement combiné associant interféron alpha et ribavirine

Plusieurs études confirment le fait que le traitement associant l’interféron alpha à la ribavirine constitue le traitement standard de l’hépatite C (Davis et al. Abstract 570). Jusqu’ici, la ribavirine a été administrée à une posologie de 1000 à 1200 mg, ce qui équivaut à une toxicité thérapeutique plus que négligeable. Certaines études semblent toutefois indiquer qu’un nombre comparable de patients, à la dose de 600 mg, présentent une réponse à long terme, et ce avec des effets indésirables plus faibles (Bonkovsky et al., Abstract 418).

De même, en ce qui concerne les hautes doses d’interféron associées à la ribavirine, nous disposons de nouveaux résultats : à ce jour, les résultats d’études faisaient seulement état de résultats obtenus avec 3 millions d’UI d’interféron administré trois fois par semaine avec de la ribavirine à 1000 - 1200 mg/jour.

Le taux de réponse à long terme, dans ces études, variait entre 38 et 43% (Mc Hutchinson et al., NEJM 339 : 21, 1998 ; Poynard et al, The Lancet, 352, 1998). Avec une dose d’interféron plus élevée (5 millions), administrée trois fois par semaine et associée à la ribavirine 1000 – 1200 mg/jour, 52% des 200 patients inclus au cours d’une étude, exposée sous forme de poster, ont présenté une amélioration persistante au traitement, ce qui correspond à une amélioration de 9 à 14% par rapport à l’interféron à faible dose (3 millions trois fois par semaine).

Résultats d’un collectif spécifique de patients

Des collectifs rassemblant des patients particuliers, tels que des non-répondeurs à un traitement antérieur, semblent mieux profiter d’un traitement à hautes doses d’interféron (Renner-Schneiter et al., Abstract 161). Chez ces patients, d’autres études utilisant une triple combinaison associant interféron alpha, ribavirine et amantadine ont été administrés, et ont montré des résultats très prometteurs (Brillanti et al., Ital J Gastroenterol Hepatol, 1999 : 31, 130-4).

Les patients sous méthadone dans un environnement stable profitent largement du traitement, ce que l’on peut attribuer, entre autres à leur génotype plutôt favorable et à leur jeune âge. De même, l’association interféron-ribavirine chez les patients avec co-infection HIV-HCV, a fourni des résultats optimistes, même lorsque ces patients prennent déjà un traitement contre le HIV (Abstracts 134, Sauleda et al., 828, Landau et al., 422, Dietrich et al.).

D’autres résultats d’études menées auprès de patients dialysés, moins prometteurs, ont été présentés : il semblerait que la ribavirine s’accumule, et provoque une toxicité non tolérable (Abstract 813, Tan et al.).

Perspectives : la pegylation

Les premières tendances très optimistes pour l’avenir proviennent de la pegylation des interférons. Après avoir obtenu des résultats peu satisfaisants avec les interférons pegylés de manière linéaire à faible poids moléculaire (jusqu’à environ 15 kiloDalton (kDa)), certaines technologies d’avant-garde ont fait leur apparition. Des molécules branchées pegylées à haut poids moléculaire (jusqu’à 40 kDa), possédant une pharmacocinétique supérieure, ont été développées (Algranati et al., Abstract 120, poster). La signification clinique de cette technologie se voit confirmée par une étude incluant des patients cirrhotiques ayant montré des succès thérapeutiques à long terme cinq fois meilleurs grâce à l’interféron alpha-2a par rapport au traitement conventionnel (Heathcote et al., Abstract 621, données présentées sans méthode à l’aveugle).